Soeur Marie-Bernard à Nevers (1844+1879)

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Soeur Marie-Bernard à Nevers (1844+1879)

Message par chouan le Sam 27 Jan - 14:10

Film complet de Jean DELANNOY de 1988



La Passion de Bernadette :

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Re: Soeur Marie-Bernard à Nevers (1844+1879)

Message par chouan le Mar 8 Jan - 8:54

I. Le pouvoir civil n’est pas conféré par Dieu directement à tel ou tel homme, ni à telle ou telle famille, il n’est pas établi par Dieu sous la forme monarchique, ou républicaine, ou autre.

Cette proposition est la condamnation du système dit du droit divin, que l’on présente souvent comme étant le système catholique. Or la théorie du droit divin a été ignorée de l’Église pendant quinze siècles. Elle a fait son apparition après la Réforme, lorsque les souverains, prenant l’autorité religieuse avec le pouvoir civil, rétablirent en Europe quelque chose du despotisme des anciens Césars, son premier auteur fut un roi protestant d’Angleterre, le successeur de la glorieuse Elisabeth, Jacques Ier, celui-là même qui disait à son Parlement : Dieu m’a fait maitre absolu, et tous les privilèges dont jouissent les corps législateurs sont de pures concessions émanées de la bonté des rois. Et ses principaux adversaires furent deux Jésuites, – vous lisez bien : ses adversaires furent les Jésuites Bellarmin et Suarez, illustres théologiens tous deux, en grand honneur dans les écoles catholiques, dont l’un vivait à Rome et l’autre en Espagne, non moins vénérables du reste par leur sainteté que considérables par leur doctrine.

Depuis, sous l’influence du régime absolu, cette opinion de Jacques Ier a malheureusement passé en France. Elle s’est associée assez souvent à ce gallicanisme dont Fénelon disait : liberté à l’égard de Pape, servitude à l’égard des rois. Bossuet, par exemple, écrira dans sa Politique des phrases comme celle-ci : C’est Dieu qui fait les rois et qui établit les maisons régnantes. Plus tard Joseph de Maistre ira jusqu’à dire que les familles royales sont naturelles et diffèrent des autres comme un arbre diffère d’un arbuste. Et autour de lui tout un parti, par haine pour la révolution, par aversion contre le souveraineté du peuple de Rousseau, n’hésitera pas à affirmer que l’autorité est donnée par Dieu au roi sur ses sujets, comme elle est donnée par Dieu au père sur ses enfants. Aujourd’hui encore cette théorie n’est pas morte, elle est celle d’un certain nombre de catholiques, mais elle n’a jamais été, elle n’est pas celle de l’Église.



EXPOSE DE LA DOCTRINE CATHOLIQUE – Par P. GIRODON PRÊTRE , Précédé d’une introduction, par Mgr D’HULST vicaire Général de Paris, recteur de l’institut Catholique - CHEZ PLON NOURRIT 1884 – Tome I.cap VI, Des rapports de l’Église et de l’État.art.II.pp.119-120  
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Re: Soeur Marie-Bernard à Nevers (1844+1879)

Message par chouan le Mar 8 Jan - 9:14

Voilà les point essentiels des rapports de l’Église avec les gouvernements. Jésus-Christ n’a rien dit de plus. Il n’a pas dit à son Église : Vous vous unirez à telle ou à telle forme de gouvernement, vous préfèrerez la monarchie ou la république. Il lui a dit : Allez, enseignez toutes les nations, baptisez-les, sanctifiez-les, sauvegardez vos pouvoirs divins et votre liberté nécessaires, je vous permets, avec les différents gouvernements , toutes les relations qui ne les compromettront pas. Mais il a averti son Église que ce serait chose très difficile, que ces droits et ces libertés seraient sans cesse attaqués, qu’à peine trouverait-elle çà et là un gouvernement qui les respecte, et il lui a tracé sa ligne de conduite : s’attendre aux persécutions, ne rien craindre, parler haut et ferme et compter sur la présence de l’Esprit divin qui n’abandonnera jamais son Église, et qui demeurera avec elle jusqu’à la consommation des siècles.

LE CHRISTIANISME ET LES TEMPS PRÉSENTS – L’Abbé Ém. BOURGAUD,Vicaire Général d’Orléans- (2ème édition) – Librairie Poussielgue Frère – 1882 – T.IV, L’Église – Première Partie,l’Église Catholique – Chap.III – p.53.

Arrow Pourquoi ?..

Le pouvoir de l’Église diffère du pouvoir civil : celui-ci de droit naturel et purement humain, est fondé sur l’ordre naturel établi par le Créateur : le pouvoir de l’Église est surnaturel dans son origine, et de droit positif divin, divinement établi par le Rédempteur.

COURS ABRÉGÉ DE RELIGION OU VÉRITÉ ET BEAUTÉ DE LA RELIGION CHRÉTIENNE – Apologétique – Dogmatique et Morale – ( 35ème édition 1875 ) – Le Père F.X  SCHOUPPE – Approbation :Paulus Goethals, Praep Prov. Beg. Imprimatur : J.B Lauwers, Vic, Gen. – ANCIENNE MAISON Vor PALMÉ-ÉDITEUR – Première partie, Apologétique.p.80  


Dernière édition par chouan le Mar 12 Fév - 13:44, édité 1 fois
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Re: Soeur Marie-Bernard à Nevers (1844+1879)

Message par chouan le Mar 8 Jan - 10:18

Aussi Suarez conclut-il en ces termes : Aucun roi, aucun monarque, sauf pour les juifs, ne tient ou n’a reçu de Dieu le pouvoir, ou ne l’a reçu par institution divine, mais tous l’ont reçu par l’intermédiaire de la volonté des hommes ou par institution humaine. Tel est le magnifique axiome de la théologie, et il n’est pas nouveau, ni de l’invention du cardinal Bellarmin, mais il a été enseigné longtemps auparavant par les théologiens Cajetan, Soto, Molina, ect.

EXPOSE DE LA DOCTRINE CATHOLIQUE – Par P. GIRODON PRÊTRE , Précédé d’une introduction, par Mgr D’HULST vicaire Général de Paris, recteur de l’institut Catholique - CHEZ PLON NOURRIT 1884 – Tome I.cap VI, Des rapports de l’Église et de l’État.art.II.p.121  

Toute puissance vient de Dieu. Que dites-vous ? tout prince est-il donc établi par Dieu ? Ce n’est pas cela que je dis. Ce n’est pas en effet du prince que je parle, mais de la chose, c’est-à-dire du pouvoir en lui-même. Je dis que la sagesse divine a voulu qu’il y eût des puissances, afin d’éviter que tout allât au hasard et sans ordre. C’est pourquoi saint Paul ne dit pas : non est princeps nisi à Deo, tout prince vient de Dieu, mais il parle de la chose elle-même, et dit : Toute puissance vient de Dieu. Donc, d’après la doctrine catholique, l’autorité civile vient de Dieu, c’est au nom de Dieu qu’elle commande, et il le fallait pour obliger autrement que par la force, mais ce n’est pas lui qui remet entre les mains de tel ou tel prince l’autorité nécessaire pour gouverner la nation.

Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.

[...]

2° Dieu et César représente les deux puissances, qui gouvernent la société humaine, la puissance religieuse et la puissance civile, ou l’autorité divine, donnée en partage à l’Église hiérarchique, et l’autorité séculière, purement humaine, dont le chef de l’État est le dépositaire.


ÉVANGILES DES DIMANCHES ET DES FÊTES DE TOUTE L’ANNÉE – Explications du Texte sous forme d’homélies selon l’exposition des ss. Pères et des Interprètes Catholique – Par le Père F.X  SCHOUPPE S.J – ( 2ème édition )- Société Générale de Librairie Catholique 1879 – Tome II - 22ème Dimanche Après la Pentecôte.p.456
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Re: Soeur Marie-Bernard à Nevers (1844+1879)

Message par chouan le Lun 21 Jan - 10:51

Et à Dieu, ce qui est à Dieu.

[...]

En effet, le pouvoir civile possède, dans l’ordre temporel et extérieur, des droits, qu’il tient de Dieu lui-même, et d’autre part, Dieu s’est réservé le domaine intérieur de la religion et des âmes, qu’il gouverne par une autorité propre et sacrée : ce sont là les droits de Dieu. Ainsi, de même qu’il faut rendre à César la monnaie marquée à l’effigie de ce prince, ainsi nous devons rendre à Dieu nos âmes créées à son image et à sa ressemblances, et les lui présenter fidèles, dévouées, sans difformité et sans tache.


[...]

Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.

Cette sentence prise, non pas comme relative aux Juifs, mais dans un sens absolu et comme un principe universel, peut s’énoncer ainsi : il faut obéir à la puissance civile non seulement par crainte de la colère, mais encore par conscience ( Rom. XIII, 5 ), aussi longtemps, bien entendu, qu’elle reste dans la sphère de ses droits, et qu’elle ne commande rien de contraire à la loi de Dieu. Car il faut aussi, et avant tout, obéir à Dieu : il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ( Act. V, 29 ). Les droit de César et ceux de Dieu sont distincts, mais non opposés entre eux. La politique de sa nature n’est pas plus contraire à la religion que la religion à la politique, mais il peut bien arriver par des circonstances accidentelles, que César, outrepassant son droit, commande ce qui est opposé au droit de Dieu : alors il n’est pas difficile de décider auquel des deux maitres il faut donner la préférence.

ÉVANGILES DES DIMANCHES ET DES FÊTES DE TOUTE L’ANNÉE – Explications du Texte sous forme d’homélies selon l’exposition des ss. Pères et des Interprètes Catholique – Par le Père F.X  SCHOUPPE S.J – ( 2ème édition )- Société Générale de Librairie Catholique 1879 – Tome II - 22ème Dimanche Après la Pentecôte.pp.446-448
 

l’une et l’autre viennent de Dieu, l’une et l’autre sont saintes et inviolable : toutefois l’autorité de l’Église, à raison de son objet et à titres, est la première en dignité. Ces deux pouvoir, loin d’être opposés entre eux, sont faits pour agir de concert, pour concourir ensemble, comme les deux roues d’un char, à conduire la société humaine et à lui faire atteindre sa destinée finale, qui n’est autre que Dieu même. Ils sont liés ensemble, non confondus, et chacun demeure indépendant dans sa sphère, mais ils doivent s’entendre et agir en bon accord, surtout dans les matière mixtes, qui rentrent à la fois dans la sphère de l’une et de l’autre puissance. Cette belle harmonie ne sera jamais troublée si l’on observe inviolablement la loi fondamentale ou la constitution établie par Dieu lui-même, constitution qui n’est autre que le Décalogue et l’Evangile. Cette base divine ne saurait être violée par l’Église, puisqu’elle en est la gardienne sainte et infaillible, établie par Dieu lui-même. Au contraire le pouvoir civil peut la violer : et alors il se produit des dissentiments, des divisions, l’oppression, l’usurpation, ect... comme les disciples du Christ et ses ministres l’ont éprouvé dès le principe.

Séparation des deux pouvoirs, civil et religieux : Dieu et César.

[...]

Le caractère universel de la religion nouvelle l’élève au-dessus des contingences des gouvernements établis dans les diverses nations, ceux-ci ne sont que la vérité relative à chaque peuple : la religion du Christ est la vérité universelle.


NOUVEAU COURS D’APOLOGÉTIQUE - Par le Chanoine Paul LAHARGOU – [ Nihil obstat , Imprimatur 1927 ] – J. DE GIGORD, ÉDITEUR – 2ème Partie – Du Christianisme à l’Église catholique – Chapitre II - § IV. p.387
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Re: Soeur Marie-Bernard à Nevers (1844+1879)

Message par chouan le Lun 11 Fév - 0:22

Le grand Cardinal Pie , un an avant sa mort, recevant la barrette cardinalice, le disait au président de la République en ces termes:


«Une obligation plus étroite m'est imposée d'employer les derniers restes de ma vie, les dernières ardeurs de mon âme, à inculquer à nos contemporains la sentence apostolique dont les trente années de mon enseignement pastoral n'ont été que le commentaire, à savoir : «Que personne ne peut poser un autre fondement en-dehors de celui qui a été posé par la main de Dieu et qui est le Christ Jésus» et que, pour les peuples comme pour les individus, pour les sociétés modernes comme pour les sociétés antiques, pour les républiques comme pour les monarchies «il n'y a point sous le ciel d'autre nom donné aux hommes dans lequel ils puissent être sauvés, si ce n'est le nom de Jésus-Christ »

P. THEOTIME DE SAINT JUST O.M.C LECTEUR EMERITE EN THEOLOGIE - La Royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ par le Cardinal Pie - (Discours au Président de la République, 26 mai 1879, X, 7-8.)  

https://livres-mystiques.com/partieTEXTES/CardinalPie/Laroyaute.html

«L'ateismo eretto a sistema di pretesa civilta ha piombato il mondo in un mare di sangue», BENOÎT XV, Allocution au Sacré-Collège. Noël 1917. Le Cardinal MERCIER, faisant écho à la parole pontificale, écrivait dans sa pastorale de 1918: «Le principal crime que le monde expie en ce moment, c'est l'apostasie officielle des États. Aujourd'hui les hommes investis de la mission de gouverner les peuples sont ou se montrent à bien peu d'exceptions près, officiellement indifférents à Dieu et à Son Christ. Je n'hésite pas à proclamer que cette indifférence religieuse, qui met sur le même pied la religion d'origine divine et la religion d'invention humaine, pour les envelopper toutes dans le même scepticisme, est le blasphème, qui, plus encore que les fautes des individus et des familles, appelle sur la société le châtiment de Dieu»

(Act. Apost. Sedis., T. XIV, 1922. Encyclique Ut arcano Dei consilio p. 673-700. Traduction française de la Documentation Catholique, T. IX, 1923, 67-87.)   [/color]
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Re: Soeur Marie-Bernard à Nevers (1844+1879)

Message par chouan le Dim 3 Mar - 14:34

Saint Rémi, après saint Louis et après Jeanne d’Arc, c’était la France gallo-franque, après la France des croisades et la France de la chevalerie, que Mgr Pie allait avoir à célébrer. C’était la France reportée à son berceau catholique, et rappelée à la Chartre de son institution première.

[...]

Lorsque l’évêques eut raconté ce jour de Noel 496;où une grande nation, une autre tribu de Juda commença dans le monde, il expliqua comment cette nation franque fut dès lors marquée d’un triple cachet : l’inaltérable fidélité à l’orthodoxie, l’indissoluble alliance du sacerdoce et des pouvoirs publics, le zèle de l’apostolat et du protectorat catholique dans le monde. Il déclara que la France étant née à cette vie devait vivre de cette vie, qu’elle avait le devoir de faire régner la vérité, et tout la vérité, qu’elle ne trouverait sa grandeur, sa gloire, son salut que dans son union avec le Pape et l’Église, qu’il fallait, pour le moins, respecter le Concordat, qu’on avait le devoir de se conformer au Syllabus, que de la part des gouvernements c’était mal raisonner que de craindre, comme Clovis l’objectait à Remi, de n’être pas suivi par le peuple dans des voies résolument chrétiennes.


Mgr BAUNARD, Prélat de la maison de sa Sainteté, Professeur aux facultés Catholiques de Lilles - Histoire du Cardinal Pie, évêque de Poitiers - Poitiers et Paris, H. Oudin, 1886 – t.II, Livre.IV,Chap.VII , La guerre  au cléricalisme.pp.597,598  
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